Référendum, sondages : comment manipuler l’opinion publique.

L’utilisation des référendums et des sondages est souvent présenté comme étant un gage de démocratie. Par contre le refus de prendre en compte le résultat d’un référendum, quand le résultat n’est pas conforme à celui escompté, et faire voter les députés plus proches des thèses gouvernementales, nous en dit plus sur le type de démocratie.
L’habileté avec laquelle les questions sont rédigées, canalise la réponse des sondés.
La démonstration en a été faite tout récemment avec le sondage concernant la Grèce. Les français sont à 30% favorables à l’annulation totale ou partielle de la dette grecque, 52% se prononcent pour un rééchelonnement de la dette et 15% sont pour le maintien des échéances.

Le Figaro du 8 janvier 2015 notait dans son éditorial, certainement pour préparer l’opinion publique, que chaque Français paierait 735 € pour l'effacement de la dette grecque.
Cependant, il me semble que ce sont les banques qui ont contracté des prêts à la Grèce et non les français. Il serait tout à fait logique que les actionnaires ayant engrangé les dividendes pendant des années, mettent la main à leur poche. Apparemment « Le Figaro", comme tous les autres médias, semble défendre la thèse que les profits réalisés restent dans les poches des actionnaires, alors que les pertes doivent être payées par l’ensemble des français.
Il ne faut pas non plus oublier que l’argent que les banques ont prêtés à la Grèce vient de la poche des contribuables. En effet la BCE (Banque Européenne) a reçu de l’argent des Banques Nationales Européennes. Cet argent provient de nos impôts. Prenons l’exemple de la banque française X. Celle-ci répond à demande de l’administration grecque, emprunte à la BCE à 1%, elle prête cet argent à 4, 5 et même parfois à 10% à la Grèce. Pendant des années les intérêt touchés par notre banque lui apporte des bénéfices conséquents. Ce sont en fait ses actionnaires qui bénéficient de cette manne. Donc pendant des années ils vont augmenter leur capital et lorsque un problème survient, ce sont les français qui devraient payer la douloureuse. Les contribuables seront doublement punis.

  1. ce sont qui ont apporté l’argent aux banques avec leurs impôts,
  2. ils doivent encore payer lorsque les banques sont en difficulté

Non seulement les banques non pas utilisé leurs fonds propres, mais ils finiront par être renflouées.

La question à ce référendum était la suivante :
Vous savez que la Grèce fait face à un niveau d'endettement très élevé, correspondant à près de deux fois sa richesse nationale. Face à cette situation, à laquelle des solutions suivantes seriez-vous  le plus favorable ?

Les réponses proposées sont :

Annuler la totalité de la dette grecque
Annuler une partie de la dette grecque
Allonger la durée de remboursement de la dette sans l'annuler
Maintenir la dette et les échéances de remboursement comme elles sont aujourd'hui

Avec le bourrage de crâne distillé depuis des mois par les médiats comme quoi nous risquons de payer pour les grecs, le résultat du sondage était prévisible.
Mais si les médias avaient dit que l’argent des banques provient de la BCE donc de nos impôts, que les banques depuis des années s’enrichissent grâce à cet argent, les sondés aurait certainement répondu différemment à ce sondage. Les banques qui ont pris le risque de prêter l’argent qui ne provenait même pas de leur coffre, grâce auquel ils se sont enrichi pendant des années, doivent payer et non pas les français.

Et si comme c’est prévisible l’Etat, qui s’est porté garant, rembourse la dette, les banques seront incités à conduire la même politique.
Les pays de l’UE devrait revoir un bon nombre de ses articles s’ils veulent éviter le divorce.

Article du traité de Lisbonne obligeant les Etats à emprunter auprès des banques privées.
·  Article 123 : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres. L’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. » L’article 123 reprend l’article 104 du traité de Maastricht, également identique à l’article 181 du traité constitutionnel européen.

Manifestations en Grèce

Grèce


Un couple pas très unis

Couple
Photo dans Le Point

 

Actionnaire touchant son pactole

Pactole
Photo dans Le HuffPost